Dans le guide précédent, nous avons expliqué le rôle général d’un mastic. Passons maintenant à la pratique : les mastics sont classés en A, B et C, et cette lettre indique la consistance du matériau et son mode d’application — sans rapport avec sa composition chimique. C’est une question distincte, que nous aborderons dans le prochain guide.
Pourquoi cette lettre est-elle importante ? Parce qu’un mastic dont la chimie convient parfaitement à l’application ne sert à rien s’il est impossible de l’appliquer correctement sur le joint concerné avec l’outillage disponible.

Assez fluide pour être appliqué au pinceau. La classe A est utilisée sur les têtes de fixations, les petits jeux et les retouches — partout où un cordon épais serait excessif ou difficile à maîtriser manuellement. Elle tend également à polymériser plus rapidement que les classes plus épaisses, ce qui convient aux opérations simples et à fort volume sur ligne de production.
Plus épaisse, elle est généralement appliquée au moyen d’un pistolet d’extrusion et d’une buse plutôt qu’au pinceau. La classe B est très courante pour l’étanchéité anticorrosion autour des éléments de fixation et des raccords, lorsque le cordon doit conserver sa forme au lieu de simplement recouvrir la surface.
Sa consistance se situe entre les classes A et B. Elle est destinée au fay sealing : l’étanchéité entre deux surfaces en contact avant leur assemblage, de sorte que le mastic se comprime et se répartisse lorsque les pièces sont rapprochées.
Les nouveaux ingénieurs confondent fréquemment ces deux notions : la classe A/B/C décrit la viscosité et le mode d’application. Polysulfure, polyuréthane, silicone ou fluorosilicone décrivent la chimie et donc, notamment, la résistance au carburant, à la chaleur ou aux UV. Une spécification indique les deux. Un mastic polysulfure bicomposant peut, par exemple, exister en classe A, B ou C selon l’endroit où il doit être appliqué sur l’aéronef.
Choisir la bonne chimie mais la mauvaise classe — ou l’inverse — reste un problème : le mastic peut résister parfaitement à son environnement tout en étant impossible à appliquer correctement sur le joint concerné.

Trois questions permettent généralement de trancher :
Dernier point à signaler : même lorsque la bonne classe a été choisie, une buse ou un pistolet inadapté à cette viscosité est une cause fréquente d’irrégularité des joints d’étanchéité en production. Nous y revenons dans notre guide sur l’outillage d’application.
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